Solitude vs Loneliness
samedi 8 mai 2010
La partouze - Lynda Lemay
Qui reposait sur le comptoir
Entre un flacon de coriandre
Et un autre de poivre noir
J'avais préparé un souper
T'en aurais pas cru tes papilles
Mais lorsque minuit a sonné
Tu étais encore invisible
Je suis sortie, ainsi armée
Nos deux bouteilles de vin dans l' corps
Je les ai bues à ta santé
Maintenant, j' les digère à ta mort !
J'ai essayé ton cellulaire
C'était toujours le répondeur
J'ai même essayé chez ta mère
Chez tes copains puis chez ta sœur
Maintenant, j' me rends à la brasserie
La vieille baraque au bord du lac
Voir si c'est là que tu m'oublies
Et j'ai mis l' couteau dans mon sac
Sur le trajet, j' t'appelle encore
Mais plus j' t'appelle et moins t'es là
Moins ça répond et plus j' crie fort
Je sens la rage qui monte en moi
Je me stationne tout d' travers
Je cherche ton camion du regard
Je croise deux de tes compères
Y disent qu'y t'ont pas vu ce soir
Alors, en route pour le village
J' m'en vais t' coincer à ton adresse
J' vois dans ma tête comme une image
T' es pas tout seul et t' es nu-fesses
Dire que y a ton souper dans l' fourneau
Qu'est calciné comme mon orgueil
Dire que ça sentait bon tantôt
La coriandre et le cerfeuil
J' suis pas un ange, j' suis pas à jeun
Mais j' mérite pas qu'on s' paie ma gueule
S'y faut qu' j' te retrouve avec quelqu'un
Alors qu' tu m'as laissée toute seule
Je sais que j' vais mal réagir
Mais j'ai comme une curiosité
Que j'ai comme pas l' choix d'assouvir
C'est une foutue nécessité
Appartement quatre cent douze
j' colle mon oreille sur ta porte
Ça sent le fort et la partouze
J'ai plus d' contrôle et je m'emporte
À grands coups d' pied, j'essaie d'ouvrir
T'as dû fermer avec un meuble
Je gueule, je cogne et je vois v'nir
Le vieux concierge de l'immeuble
Y veut qu' j' me calme et il m'attrape
Y me conseille de me contenir
Alors j' lui fous un grand coup d' sac
Et j' vois son cou s' mettre à rougir
Ça doit être toi, mon écœurant,
Qu' a signalé le neuf un un
Parce qu'en deux temps et trois mouvements
La police a r'trouvé l' défunt
C'est sûr que j' m'en vais en prison
J'ai pas d' remords, j' suis une jalouse
J' suis sûre que l' concierge est un con
Qu'allait te r'joindre dans ta partouze !
vendredi 30 avril 2010
Au nom des frustrées - Lynda Lemay
Au nom de toutes les pauvres laissées pour compte
J'vais crever les pneus de toutes les voitures aux vitres embuées
Et je vais couper les cheveux des grandes blondes.
Au nom de celles qu'à l'intérieur elles sont belles
Au nom de toutes les cocues inconsolables
Je vais filer en douce tous les p'tits couples jusqu'à leurs motels
Et je vais crier "au feu" quand ça a l'air agréable.
Au nom de toutes les bonnes femmes à la diète
Au nom de toutes les victimes d'adultère
J'vais accrocher sans faire exprès avec le bout d'ma cigarette
Tous les visons des secrétaires particulières.
Au nom de toutes les frustrées du monde entier
Je vais kidnapper Adjani et Sophie Marceau
Je vais leur faire bouffer des chips et des brownies à la pocheté
Jusqu'à voir apparaître deux gros ventres flasques.
An nom de toutes les pas jolies mais très gentilles
Au nom de toutes les révoltées contre les hommes
Je vais entrer par effraction chez les p'tits cons tombeurs de filles
Je vais leur faire "gueli gueli" pendant qu'ils dorment.
Au nom de toutes les allergiques aux agaces
Au nom de toutes les ennemies de Sharon Stone
Je vais m'asseoir au cinéma derrière un couple qui s'embrasse
Je vais éternuer dans les séquences cochonnes.
Au nom de toutes les frustrées du monde entier
Au nom des mangeuses de tires de Sainte Catherine
J'vais faire signer des pétitions contre le sexe à la télé
J'vais faire la chasse aux laminés de Marilyn.
Au nom de toutes les coquettes qui vieillissent
Et qui n'attirent plus le regard de leur mari
J'vais m'arranger pour trouver l'moyen d'faire pousser des varices
Sur les gambettes de pétards de Dynasty
Au nom de la désillusion et de la rage
Au nom des tentations secrètes des bonnes-sœurs
J'vais supplier le diable de faire apparaître un feu sauvage
Sur la grosse maudite bouche de Kim Basinger
Au nom de toutes les frustrées du monde entier
J'ai composé cette chanson thérapeutique
Plus on la gueule fort mesdames et plus on se sent libérée
Je la conseille à toutes les frustrées chroniques !
mercredi 28 avril 2010
La visite - Lynda Lemay
Parce que j'ai pas passé l'balai
Parce que j'ai pas d'liqueur au frais
J'veux pas d'visite
J'veux pas leur dire comment je vais
Pis j'ai les cheveux tout défaits
J'veux pas d'visite
Parce qu'la maison est à l'envers
Parce que j'suis pas bonne cuisinière
J'veux pas d'visite
Parce qu'les cousins et les beaux-frères
Ça me tombe un peu sur les nerfs
Parce qu'la visite, ça parle fort
Et parce que c'est jamais d'accord
Parce que j'ai pas une grosse façon
parce que j'ai pas de plat d'bonbons
Parce que j'ai pas d'conversation
J'veux pas d'visite!
J'veux pas d'visite
Parce quand ça sonne à la porte
J'ai comme une envie d'être morte
Toute la visite
C'est hypocrite en arrivant
Et puis ça repart en mémérant
J'veux pas d'visite
Je veux qu'on me traite de sauvage
Et que ça s'dise dans l'voisinage
J'veux qu'on m'évite
Que les enfants demandent à leur mère
"Est-ce-que c'est vrai qu'c'est une sorcière?"
Parce qu'la visite, c'comme les fourmis
Ça rentre et puis ça s'multiplie
Ça revient tout le temps comme un cauchemar
Ça pense qu'on est content d'les voir
Ça coupe les films en plein milieu
Ça prend l'divan le plus moelleux
Ça nous condamne à la chaise droite
Ça prend racine, ça mange comme quatre
J'veux pas d'visite
J'ferme les lumières et les rideaux
J'fais ma prière, j'cache mon auto
J'veux pas d'visite
Parc'que j'déteste les surprises
Quand j'me promène en queue d'chemise
Parce qu'la visite, c'est pas futé
Ça fait du bruit, puis ça grignote
C'est des p'tites bêtes bien élevées
Faut leur faire bouffer des peanuts
Mais le problème, c'est qu'ça s'attache
Ça coûte une fortune de pistaches
Et quand ça fini par partir
Ça nous promet qu'ça va rev'nir...
...et ça revient !
mercredi 1 juillet 2009
Bleu
Dans mon pays, cordes au vent, il y a tout plein d'enfants qui sautent
Y a des hivers plus longs que les étés sont verts
Dans mon pays, les étés meurent dans des montagnes de couleurs
Dans mon pays, y a du soleil qui se regarde dans la glace
Dans mon pays, y a des merveilles de patinoires sur les lacs
Y a de l'espace, assez pour s'y perdre toujours
Dans mon pays, au bout de chaque appel à l'aide, y a du secours
Dans mon pays, y a des familles qui éclatent par-ci par-là
Dans mon pays, quand les yeux brillent, ça veut pas dire que c'est de joie
Dans mon pays, y a pas de guerre et puis y a pas d' bombardements
Mais mon pays, c' quand même sur Terre, pis bon, la Terre, c' pas l' firmament
Dans mon pays, y a l'horizon qui est juste un peu plus long qu'ailleurs
Dans mon pays, y a d' la passion et plein d' chanteuses et plein d' chanteurs
On est tous riches de ne pas se prendre au sérieux
Dans mon pays, sur un qui triche, y a mille bons cœurs respectueux
Dans mon pays, y a un drapeau qui ne s'arrête pas de fleurir
On est si bleus, on est si beaux que nul ne peut nous faire rougir
On voit si grand que l'Univers est notre Dieu
Dans mon pays, c'est important qu' le bout du monde soit heureux
Dans mon pays, y a des maisons où, comme ailleurs, y a d' la chamaille
Dans mon pays, y a des poupons nés dans la peur et sur la paille
Dans mon pays, y a d' l'injustice mais faut s' rappeler qu'y en a bien peu
Parce que mon pays, sur la liste des pays, c'est le plus bleu, le plus bleu
Dans mon pays, on parle français avec des perles d'anglicismes
Dans mon pays, c'est vrai, l'anglais déferle en nous avec délice
Y a qu'à s' parler pour se comprendre, c'est logique
De mon pays, on peut voler jusqu'en Irlande ou en Afrique
De mon pays, j'ai dû sortir pour réaliser à quel point
Ben, mon pays, c'est mon avenir, c'est mon début et c'est ma fin
Dans mon pays, on a des rêves parfois trop gros, jamais trop bleus
Dans mon pays, bien sûr, on crève parfois trop tôt, jamais trop vieux
Dans mon pays, l'érable pleure un petit sirop savoureux
Y a des valeurs bien implantées par nos aïeux
Les noms qu'on signe dans mon pays, on les souligne de trois bisous
Un peu comme aux États-Unis, mais les p'tites croix sont bien d' chez nous
Si vous venez dans mon pays
Vous en ressortirez tout bleu
Et puis malgré c 'que Madame dit
Nous, d' la visite, ben on en veut !
{Chœurs:}
Pour un instant, j'ai oublié mon nom
Moi, mes souliers ont beaucoup voyagé
Moi, mes souliers ont beaucoup voyagé
Je reviendrai à Montréal
Je reviendrai à Montréal
Chanter comme une bête pour me garder vivante
C'est toi que j'aime
Chanter à tue-tête c' que j'avais dans l' ventre
Et les crapauds chantent la liberté
Mon pays, ce n'est pas un pays c'est l'hiver
Mon pays, ce n'est pas un pays
Pour un instant, j'ai oublié mon nom
C't' à mon tour d'ouvrir la maison chez nous
Liberté
Aimons-nous quand même
Gens du pays, c'est votre tour de vous laisser parler d'amour
Gens du pays, c'est votre tour de vous laisser parler d'amour
J'aurais voulu être un artiste
C'est toi que j'aime
La vie en rose, je n'ai pas besoin de grand chose
Aimons-nous quand même
J'aurais voulu être un artiste
Chanter à tue-tête c' que j'avais dans l' ventre
Chanter comme une bête pour me garder vivante
Album: Allo c'est moi
mercredi 28 janvier 2009
L'enfant d'un autre
Lynda Lemay & Serge Lama
Et l'absence est venue poser ses grandes ailes
Sur le berceau muet qui ne chantera plus
Elle est partie sans moi, je reste seul sans elle
Et sans cet enfant de trois ans dont je n'suis même pas le père
Mais qui devenait mon enfant, peu à peu
C'est elle qui est partie mais c'est lui qui me manque
Ce tout petit garçon qui n'était pas de moi
Mais qui avait su lier mon âme saltimbanque
Avec sa tête dans mon cou, avec son rire dans sa gorge
Ne plus l'avoir contre ma joue, ça me rend malheureux
Les enfants sont le fruit des femmes pas des hommes
Et quel que soit celui qui fait germer la pomme
Le père, pour l'enfant, c'est celui qui est là
Celui qui caresse sa mère et qui lui tend les bras.
Sans doute aimera-t-il autant ses futurs pères
Ses parrains, ses tontons que sa mère aimera
Mais moi je garderai pour ses anniversaires
Une pensée au fond de moi
J'me dirai : "Tiens, il a vingt berges"
Lorsque j'y pense quelquefois
J'me sens devenir vieux
Les enfants des voisins, on les trouve stupides
Ils ne servent à nos yeux qu'à faire pousser des rides
Mais lorsque par hasard, on en a un qui est là
Qui a les yeux noirs de sa mère
On l'aime malgré soi.
Et l'absence est venue peser sur ma détresse
Dans la chambre déserte où manquent ses jouets
Rien n'le remplacera, ni mes futures maîtresses
Ni mon travail, ni le beau temps
Je suis démuni comme un père
Qui vient de perdre son enfant
Et je suis malheureux.
Paroles: Serge Lama. Musique: Alice Dona 1973 "Je suis malade"
samedi 17 janvier 2009
Les deux hommes
Ils voulaient devenir parents, les deux hommes
Et ils se sont battus longtemps
Pour avoir tout simplement, les deux hommes
Les deux têtus, les deux amants a une famille...alors ils ont
Adopté un joli poupon
Ils sont enfin devenus papas, les deux hommes
Et comme tous les papas sérieux
Ils se sont creusés malgré eux, les deux hommes
Des cernes mauves sous les yeux
A chercher la meilleure façon
De s'occuper d'leur nourrisson
Il n'aura pas eu de maman, le petit môme
N'aura tété que des biberons
N'aura pas connu ces seins blancs que l'on donne
A tant d'autres petits garçons
Dans ces maisons ou ça s'querelles
Ils'y arrivaient pas trop mal, les deux hommes
Les deux amoureux, les deux mâles
Même s'il était clair dans la tête des deux pères
Qu'ils ne pouvaient pas se permettre
Les mêmes faiblesses que l'on pardonne
A tous les parents de la Terre
Il aura grandi calmement, le garçon
Jusqu'a cinq ans, jusqu'a l'école
Où bien sur quelques garnements se moqueront
En le traitant de fils de folle
Et il en gardera des séquelles
Il reniera ses paternels
Ils étaient de braves parents, les deux hommes
Mais l'monde étantc'qu'il est devenu
L'amour, ben c'est pas différent pour deux hommes
Souvent l'amour, ça en peut plus
Et ce fut l'cas d'cet amour-la
Les deux hommes ont baissé les bras
Un tel échec fait toujours mal, on n'veut pas
Se r'trouver monoparental
Mais quand tu t'fais appeler pédale et papa
Là t'es un homoparental
Pour les langues sales et les jugements
Les "on l'savait qu'ça foutrait l'camp"
Ils feront tout pour consoler leur enfant
Leur adolescent partagé
Qui tentera viens de n'pas rêver d'sa maman
De sa peau tendre et satinée
Et d'son épaule comme une gouttière
Pour y déverser ses rivières
Ils seront toujours les parents, les deux hommes
De l'homme que leur fils deviendra
Et même s'ils n'entreront jamais dans les normes
S'ils auront été maladroits
Ils n'auront pas perdu le droit
D'être des hommes dignes et droits
Ils seront toujours des papas, les deux vieux
Et leur garçon s'en souviendra
Quand a son tour il embuera ses beaux yeux
En tenant un poupon dans ses bras
Et c'st à temps qu'il comprendra
Un petit peu mieux les deux hommes
Et c'est à temps qu'il reviendra
Avant que ses papas s'endorment.
dimanche 5 octobre 2008
Ça sent le bébé
Ça sent la famille
Ils ont beau s'démener
Avec leurs guenilles
Frotter de leur mieux
Jusqu'à c'que tout brille
Ça sent le bébé
Ça sent la p'tite fille
Ça sent la couche pleine
Et le lait caillé
Et même s'ils viennent
De la nettoyer
Même s'ils ont à peine
Fini d'la poudrer
Ben ça sent quand même
Le nombril mouillé
Dès qu'j'passe leur porte
Ça sent la petite
Ça sent ce qu'elle rote
Et c'qu'elle régurgite
Même s'ils font brûler
Comme des vieux hippies
L'encens l'plus corsé
Ça sent les Huggies
Même s'ils lavent et sèchent
Les serviettes souillées
Et qu'ils se dépêchent
A tout bien ranger
Il reste un arôme
De table à langer
Il reste un fantôme
D'odeur de bébé
Y'a pas un savon
Qui peut estomper
Le fumet d'un bib'ron
Qu'on fait réchauffer
Ça sent les gencives
Qui veulent pas s'percer
Ça sent la salive
Qui arrête pas d'couler
Quand j'entre chez eux
Depuis quelques mois
J'sais pas, c'est dégueu
Ça sent l'pyjama
Un parfum terrible
Qui m'cueille et m'assaille
Ça sent l'fruit d'entrailles
Le p'tit crâne humide
Dès que je m'immisce
Dedans leur bercail
Ou bien la chose pisse
Ou bien la chose braille
Et sitôt qu'elle hurle
Ça sent la mamelle
Gercée qui éjacule
Son jet maternel
Ils ont beau lui mettre
La plus jolie robe
C'est beau, mais j'regrette
Ça sent les microbes
Et même s'ils parfument
Toute la maisonnée
Ça sent le p'tit rhume
Qui va s'propager
Dès que j'passe leur porte
Ça sent à plein pif
Les nuits en compote
Des parents captifs
Ces heures en purée
Que le bébé mange
Pour mieux déféquer
Pour mieux qu'on le change
Ils sont prisonniers
De leur créature
Dès qu'y m'voient entrer
Là, par l'embrasure
D'leur porte plantée
Entre elle et l'air pur
Y m'prient de rester
Et ils me capturent
Y prennent mon manteau
Et l'font disparaître
A l'étage d'en haut
Dans la chambre des maîtres
Ensuite, ils me guident
Vers le berceau d'bois
Et l'ange m'envoie
Son halo fétide
Puis, ça y est, leurs voix
S'élèvent, suppliantes
" Prends-là dans tes bras "
Et ils me la tendent
Dès que j'la saisis
Elle s'raidit, elle louche
Elle force, elle rougit
Elle remplit sa couche
Comble de malheur
C'était pas étanche
Je sens une chaleur
Traverser ma manche
Je porte la fragrance
De l'incontinence
Ça s'accroche aux poils
D'mes parois nasales
Ça sent l'bébé sale
Enfariné d'talc
Ça sent le poulet cru
En train d'mariner
Dans son propre jus
Sa sauce fécale
Ça sent l'p'tit Jésus
Qui a sali sa paille
Ça y est, j'ai l'chandail
Qui sent la cuvette
Y faut que j'm'en aille
Que j'batte en retraite
J'ai l'coeur dans la gorge
Je cherche un mot tendre
Je sais qu'ils attendent
Que j'fonde en éloges
Mais les bébés frais
Chauves comme chev'lus
On sait que c'est laid
Autant que ça pue
vendredi 3 octobre 2008
L'oeil magique
Y en a qui grincent, y en a qui dansent
Y en a qui claquent d'un seul coup d'pied là où je pense
Lorsque tu sonnes et qu'tu t'annonces
Y en a qui donnent jamais d'réponse
Y en a des fragiles qui décrochent et qui s'défoncent
Et puis y en a des dures de dures
Tu cognes dedans comme dans un mur
Elles sont belles et grandes et métalliques
Elles te regardent attendre d'un œil magique
Y en a des vieilles et des coincées
Y en a des petites toutes bien huilées
Y en a sur lesquelles t'as toujours l'oreille collée
Y en a qui s'verrouillent pour toujours
Y en a qu'on force quand on a l'tour
Y en a qu'on prend seulement comme sortie de secours
Et puis y en a des dures de dures
Tu cognes dedans comme dans un mur
Elles sont belles et grandes et métalliques
Elles te regardent attendre d'un œil magique
Y en a qu'on touche et puis qui craquent
Y en a qu'on lâche, y en a qu'on plaque
Y en a des transparentes qui donnent de bons spectacles
Y en a qui t'prennent pour un voleur
Un Jéhovah, un colporteur
Y en a qui s'laissent toujours avoir par la douceur
Et puis y en a des dures de dures
Tu cognes dedans comme dans un mur
Elles sont belles et grandes et métalliques
Elles te regardent attendre d'un œil magique
Y en a souvent qui t'rendent jaloux
Dans les petits hôtels à 30 sous
Y en a qui marchent avec n'importe quel passe-partout
Des pas barrées, des coulissantes
Des réservées aux employés
Des complètement absentes et...
... Et des barricadées !
Et puis y en a des dures de dures
Tu cognes dedans comme dans un mur
Elles sont belles et grandes et métalliques
Elles te regardent attendre d'un œil magique
Et puis y en a une toute modeste
Que t'as pas l'air de remarquer
Au 41, 1ère Avenue Ouest
Il suffirait qu'tu tournes... sa jolie poignée
mercredi 1 octobre 2008
Berceuse pour adulte
Y a plus d'marchand de sable
Assis au bord du lit
Pour nous chanter ses fables
Au début de la nuit
Comme à l'aube de nos vies
Depuis qu'on a vieilli
Qu'on n'est plus fille et garçon
On aime bien se rappeler
Qu'on a vaincu les dragons
On n'ose plus y rêver
Les héros sont fatigués
{Refrain:}
Y a pas de berceuse pour adultes
Parce qu'on a voulu grandir
On avale notre pilule
On en a besoin pour dormir
Parce qu'on s'est laissé vieillir
Y a pas d'berceuse pour les grands
Parce qu'on a tous voulu fuir
Ce qui reste en nous d'enfant
On n'peut plus s'assoupir
Avec ce tendre sourire
Parce qu'on s'est laissé vieillir
Depuis qu'on a vieilli
Tous nos souvenir figés
Dans un album jauni
Vont pas pour nous s'animer
Pour redonner d'la vie
À nos pauvres yeux cernés
Depuis qu'on a vieilli
Et qu'on travaille pour payer
Notre petit bout de paradis
On rêve d'être bercé
Par d'autres bras meurtris
Pour un moment de répit
{au Refrain}
Depuis qu'on a vieilli
Et que des corps étrangers
Sont venus souiller nos lits
Sans jamais y rester
Un petit bout d'insomnie
Qu'on voudrait bien partager
Depuis qu'on a vieilli
Et ça nous prends deux souffles
Pour éteindre les bougies
Y a ce cri qu'on étouffe
Dans le silence de nos nuits
Où nos sanglots s'engouffrent
lundi 29 septembre 2008
Drôle de mine
Les soirs où tu m'la fais
Quand j'veux pas qu'tu t'arrêtes
Tu me boudes et te tais
Quand je suis à bout d'nerfs
Tu te roules sur la table
Jusqu'à tomber par terre
Et rester introuvable
Et pourtant y a des soirs
Où tu t'moules à mes doigts
Parfois j'ai peine à croire
Les mots que tu m'envoies
Tu fais semblant de rien
Mais t'as le sang qui bout
Tu me prends par la main
Puis tu danses comme un fou
Je te porte à ma bouche
Te mordille en douceur
Et c'est moi qui te couche
Après de longues heures
T'as du plomb dans la tête
Et ce soir j'me la paie
Tu veux pas faire la fête
Tu veux pas faire la paix
Ça m'tentait pas d'attendre
Après ta bonne humeur
C'que tu viens d'entreprendre
C'est un mauvais quart d'heure
C'pas ma faute si des fois
C'est en plein restaurant
Que j'ai envie de toi
Devant d'autres clients
Tu peux t'compter chanceux
J'suis juste un peu bohème
Tu vivras peut-être pas vieux
Mais tu sais que je t'aime
Y en a des pires que toi
Ceux qui se prostituent
Sous n'importe quels doigts
Sur n'importe quelle rue
En disant des sottises
Pour des questions d'argent
Paraît qu'on les méprise
Chaque fois qu'on les prend
Faudrait bien que tu sache
Quand tu te sens miné
Qu'ceux qui bavent et qui crachent
T'as rien à leur envier
Moi j'en connais pas mal
Qui se voient condamnés
Plongés dans un journal
A faire des mots-croisés
T'as du plomb dans la tête
Et ce soir tu t'la casses
Quand j'veux jouer au poète
Tu t'retournes et t'effaces
Mais tu feras c'que tu veux
Je t'aurais à l'usure
Dis pas que t'es trop vieux
Pour une autre aventure
C'pas ma faute si tu rêves
De n'pas être éphémère
Moi aussi ça m'énerve
De finir en poussière
J'crois qu'on vient tous au monde
Pour broyer du noir
A chacun ses secondes
Au fond de l'aiguisoir
Y en a des pires que toi
Ceux qui se prostituent
Sous n'importe quels doigts
Sur n'importe quelle rue
En disant des sottises
Pour des questions d'argent
Paraît qu'on les méprise
Chaque fois qu'on les prend
Faudrait bien que tu saches
Quand tu te sens miné
Qu'ceux qui bavent et qui crachent
T'as rien à leur envier
Moi j'en connais pas mal
Qui se voient condamnés
Plongés dans un journal
A faire des mots-croisés
Y'en a bien des plus grands
Et des plus colorés
Qui ont l'air insignifiants
Quand tu t'mets à parler
Y a que toi qui me donnes
Des frissons dans l'échine
Y a que toi qui m'étonnes
Avec ta drôle de mine
T'as du plomb dans la tête
Et ce soir c'est bizarre
T'as la mine mauvaise
Et t'as les traits tirés
T'as du plomb dans la tête
Mais c'est vrai qu'il est tard
Si tu veux qu'on arrête
J'vais même pas t'aiguiser
samedi 27 septembre 2008
Femme d'un sex symbol
il m'avait pointé du doigt dans la foule
je suis la femme d'un ex-idole
j'vous jure y a pas de quoi perdre la boule
Je l'aime sur toutes ses photos
je l'aime si je le trouve beau
mais le temps se promène dans nos appartements
a coup de soirs de semaine
plus du tout comme avant
on est dans sa cinquantaine
et plus dans mes vingt ans
j'étais la femme d'un sex symbol
et l'ennemie d'un tas de femmes en flammes
que je croirais pendue à son épaule
séquence sortie d'un vieux mélodrame
je l'aime dans toutes ses vidéo
je l'aime avec son air macho
a moi, le vin et le bain tourbillon
qui m'étourdissent la raison
a moi, les beaux coussins et le lit blanc
si grand qu'on s'est perdus dedans
j'étais la femme d'un sex symbol
j'lui ai dit oui dès qu'il m'a demandée
je suis la femme d'un ex-idole
je rêve à celui que j'ai épousé
je l'aime quand il me joue des succès
je l'aime juste un peu moins après
je l'aime tant qu'il y a du monde autour
je l'aime sur ses divans de velours
je l'aime pour les voyages en avion
je l'aime pour la télévision
je l'aime pour mes tenues de soirée
je l'aime pour ne pas m'ennuyer
d'avoir été la femme d'un sex symbol
jeudi 25 septembre 2008
It's friday night - C'est vendredi
I can explain and justify
And make excuses, I can lie
Believe me, trust me, I'm a pro
I'll con you and you'll never know
Of course the greatest gift I have
My claim to fame, my raison d'être
Is to have always skillfully
Hurt all of those who care for me
C'est vendredi, ce s'rait pas grave
J'ferais pas d'folies, j'suis pas si cave
J'en voudrais rien qu'un peu pour dire
Qu' j'aurais deux minutes de plaisir
J'en voudrais juste parce que j'ai l'goût
Pis qu'c'est pas juste d'en voir partout
Même dans familles les plus correctes
Y'ont l'droit d'avoir un verre dans l'bec
{Refrain:}
Just pull up to the old pool hall
I just got paid, the drink's on me
Just like before, for old time's sake
Remember how it used to be
J'peux-tu t'parler
sans qu'tu m'regardes
Pareil comme si j'étais malade
Pareil comme si c'était
l'bout du bout'
Que j'te supplie
qu'tu m'verses une goutte
J'en voudrais juste le minimum
Juste une gorgée, voir si est bonne
J'vais te l'montrer que j'suis capable
De pas rouler en d'sous d'la table
It's Friday night, it's no big deal
I won't get wild, I'm not a child
Just this once, 'll let you pour
And you say when, when I say more
And I've seen desperate times before
Don't want to go there anymore
You've got no right to stop me now
You know I'll get a drink somehow
{Refrain:}
On passe-tu par la discothèque
J'viens juste d'avoir
mon premier chèque
Juste un p'tit coup,
juste comme dans l' temps
Qu'on en prenait de temps en temps
Just pull up to the old pool hall
I just got paid, the drink's on me
Just like before, for old time's sake
Remember how it used to be
C'est vendredi
J'en voudrais juste un tout petit verre
J'me contenterais du fond d'ta bière
J'en voudrais rien qu'un peu pour dire
Qu'j'aurais deux minutes de plaisir
J'en voudrais juste une p'tite affaire
Juste comme le monde ben ordinaire
Si j'te promets qu'j 'ferai pas d'histoires
Vas-tu m'offrir queq'chose à boire
C'est vendredi, ce serait pas grave
J'ferai pas d'folie, j'suis pas si cave
Juste pour le fun, juste une p'tite larme
Pour qu'on déconne, pour qu'on ricane
J'en voudrais juste parce que j'ai l'goût
Pis qu'c'est pas juste d'en voir partout
Même dins familles les plus correctes
Y ont l'droit d'avoir un verre dans le bec
On passe-tu par la discothèque
J'viens juste d'avoir mon premier chèque
Juste un p'tit coup, juste comme dans l'temps
Qu'on en prenait de temps en temps
J'peux-tu t'parler sans qu'tu me r'gardes
Pareil comme si j'étais malade
Pareil comme si c'était l'boutte du boutte
Que j'te supplie qu'tu m'verses une goutte
J'en voudrais juste le minimum
Juste une gorgée, voir si est bonne
J'vais te l'montrer quej'suis capable
De pas rouler en d'sous d'la table
C'est vendredi, ce serait pas grave
J'ferai pas d'folie,j'suis pas si cave
Juste pour le fun, juste une p'tite larme
Pour qu'on déconne, pour qu'on ricane
Je l'ai connu le désespoir
C'pas pour y r'tourner que j'veux boire
Ce serait niaiseux de me l'défendre
Moi, si j'en veux ben, j'vais en r'prendre
On passe-tu par la discothèque
J'viens juste d'avoir mon premier chèque
Juste un p'tit coup, juste comme dans l'temps
Qu'on en prenait de temps en temps
T'es mon ami, faut qu'tu comprennes
Qu'passer ma vie sans y r'toucher
C'est évident qu'ça m'fait trop d'peine
J'en veux avant d'aller me coucher
On passe-tu par la discothèque
J'viens juste d'avoir mon premier chèque
Juste un p'tit coup, juste comme dans l'temps
Qu'on en prenait de temps en temps
On passe-tu par la discothèque
J'viens juste d'avoir mon premier chèque
Juste un p'tit coup, juste comme dans l'temps
Qu'on en prenait de temps en temps
mardi 23 septembre 2008
J'aime pas les femmes
Souvent, j'les hais parce qu'elles sont belles
Quand elles sont fortes, je les blâme
De vouloir s'prendre pour des hommes
Y 'a bien des fois, j'aime pas les hommes
Je leur en veux d'être infidèles
Mais, quand j'pense aux femmes qu'ils trompent
J'me dis que c'est bien fait pour elles
Car, bien des fois, j'aime pas les femmes
Et leur beau discours de p'tite mère
Et j'meurs de honte quand elles se pâment
Pour un idiot d'homme ordinaire
Parce que, bien sûr, j'aime pas les hommes
Quand ils me chassent d'leur univers
J'voudrais qu'y m' prennent pour un des leurs
J'voudrais partager leur bière
J'me sens ridiculement femme
C'est-à-dire frustrée de nature
Une de ces qui font les drames
Pendant qu'leurs hommes font les durs
Y'a bien des fois, j'aime pas les hommes
Et, pourtant, j'voudrais qu'ils m'adoptent
Qu'y m'apprennent à ret'nir mes larmes
A m'sentir fière d'être sotte
C'que j'peux m'en vouloir d'être une femme
Surtout quand j'tombe dans les filets
D'un de ces pauvres polygames
Qui m'jure de s'en aller jamais
{Refrain:}
J'aime pas les hommes qui me déchirent
J'aime pas les femmes qui me consolent
Lorsque les hommes veulent revenir
Y 'a ces mêmes femmes qui me les volent
J'aime pas les femmes quand elles vieillissent
Avec des marques de chagrin
Je hais les hommes de père en fils
Car y comprennent jamais rien
J'aime pas les femmes qui se promènent
Qui s'en vont s'perdre dans tes secrets
Elles sont peut-être les prochaines
Que tu bris'ras à tout jamais
Toi que je hais
Toi que j'aimais
{au Refrain}
mercredi 17 septembre 2008
Donnez-lui la passion
Que quand tout est bidon, quelque chose reste vrai,
Donnez-lui cette flamme, qui ne s'éteint jamais,
Qui survit même aux drames, les plus longs, les plus laids.
Donnez-lui la passion, avant de m'inviter,
Dans votre grande maison, dans votre éternité,
Ce sera sa bouée, son instinct de survie,
Quand j'irai vous r'trouver, dans votre paradis.
Donnez-lui la passion, creusez-lui l'appétit,
Pour qu'elle ait des raisons, de mordre dans sa vie.
Si vous prenez la mienne, donnez-lui au moins ça,
Pour soulager sa peine, pour remplacer ma voix
Quand ma jeune malheureuse, cherchera le sommeil
Que j'chanterai sa berceuse, du haut de vot' soleil
Donnez-lui la passion, pour qu'elle tende l'oreille,
Qu'elle entende ma chanson, et qu'elle s'en émerveille,
Donnez-lui la passion, pour qu'elle s'y accroche,
Si le monde est trop con, si la vie est trop moche.
Donnez-lui la passion, la passion qui transporte,
Qui lui fera comme un pont, au-dessus de sa mère morte,
Si je m'en vais si tôt, qu'j'la verrai pas grandir,
Donnez-lui ce cadeau, qui l'empêchera d'mourir.
J'voudrais pas qu'elle s'ennuie, j'voudrais pas qu'elle m'en veuille,
Elle a l'coeur trop petit, pour porter mon gros deuil.
Donnez-lui la passion, pour qu'elle ait le cœur gros,
Et puis la permission, d'éclater en sanglots.
Donnez-lui la passion, pour qu'elle ait le courage,
Pour qu'elle ait une mission, ce sera mon héritage,
Donnez-lui cette richesse, et j'promets de n'pas geindre,
Même s'il faut que j'la laisse, pour aller vous rejoindre.
Ne me faites pas faux bond, c'est tout c'que je vous demande
Donnez-lui la passion, pour qu'elle devienne grande.
Je n'veux pas m'en aller, j'veux vieillir avec elle,
Mais si vous décidez, de m'piéger dans vot'ciel,
Qu'est-ce que vous voudriez, que je fasse de mes ailes,
Si elle peut pas voler, ma petite hirondelle ?
Si jamais j'déménage, sans l'avertir avant,
Que j'pars en coup de vent, vers votre grand nuage,
Que je pars pour de bon, et que je l'abandonne,
Donnez-lui la passion, et faites qu'elle me pardonne.
mercredi 3 septembre 2008
Ma plus belle déception
Si l'amour m'a déçue
C'est qu'l'amour ça déçoit
C'est vrai que j'y ai cru
C'est qu'l'amour on y croit
Bien sûr que j'ai connu
L'amour bien avant toi
Des fois l'amour ça tue
Et des fois pas
Si l'amour m'a secouée
C'est qu'l'amour ça secoue
C'est vrai que j'ai aimé
Que j'ai aimé beaucoup
Si j'ai été déjouée
C'est qu'lamour ça déjoue
ça peut se déchirer
Aussi vite que ça s'coud
J'sais plus à quoi rêver
quand il s'agit de nous
J'essaie d'me raisonner
Mais l'amour ça rend fou
J'voudrais t'téléphoner
Dès qu'tu t'éloignes de moi
J'me mets à rayonner
Dès que je t'aperçois
Dis-moi à quoi j'ai droit
Et puis je le prendrai
Dis-moi à quoi rêver
Et puis j'en rêverai
Je ne demanderai rien
Mais je ne fuirai pas
Chaque fois que ta main
Se posera sur mon bras
Moi qui avait l'coeur en grève
Tranquille à la maison
J'sens monter à mes lèvres
Cette fragile chanson
Je sens grimper cette fièvre
De mon ventre à mon front
Cette passion dont on crève
Ce si bel abandon
Si l'amour m'a déçue
C'est qu'l'amour ça déçoit
D'l'amour j'en voulais plus
Et bon sang te voilà
C'est vrai que j'ai la frousse
Mais si tu me la tends
Cette main qui est plus douce
Que toutes celles d'avant
Je m'y cramponnerai
Tant pis pour le naufrage
Tu seras ma bouée
Et je ferai bon voyage
Puisque l'amour c'est con
Et puisque ça déçoit
Alors j'veux que tu sois
Ma plus belle déception...
lundi 1 septembre 2008
Bande de dégonflés
Oui, c'est un drame déplorable
C'est pas la fin du monde, mais n'empêche
C'est certainement désagréable
Quand c'est mou comme un ver à pêche
Quand ça veut jouer les timides
Le cou cassé, la tête en bas
Plié comme p'tit vieux plein d'rides
À l'âge fringant des soldats
Oui, c'est un manque de politesse
Quand ça s'met pas au garde-à-vous
Quand ça donne des signes de faiblesses
Avant même de se tenir debout
Quand ça a pris la décision
De succomber à la paresse
Qu'ça reste sur sa position
Devant la plus belle paire de fesses
Quelle déception quand vous trouvez
À l'heure de passer à l'action
Le principal intéressé
Qui fait dodo dans son caleçon
Bien sûr, c'est pas la fin du monde
Mais d'là à dire que c'est pas grave
Qu'ça peut arriver à tout l'monde
Qu'ça rend moins beau et moins brave
Moi, j'aurais quand même objection
À faire mention de courage
Quand c'est fuyant comme un savon
Et que ça fond pendant l'massage
J'ai pas l'impression d'être vache
Et de manquer d'compréhension
Mais j'constate qu'y en a qui en arrachent
Ah, les pauvres petits garçons
Y a-t-il un moyen qu'j'pourrais prendre
Un mot d'la fin qu'j'pourrais trouver
Afin qu'enfin bande la bande de dégonflés
Afin de venir, de venir en aide
Aux invalides de la culotte
Sinon de dire qu'y a des remèdes
Et des carottes
dimanche 31 août 2008
Le 29 août au théâtre St-Denis
Y'a fallu qu'on m'tire et qu'on m'traîne
Pour que j'y vienne
J'étais dévorée par la gène
Mais qu'à cela n'tienne
Trempée de sueur dans mon petit
Débardeur de laine
J'me suis r'trouvée dans le
Couloir de l'arrière-scène
J'ai rencontré les producteurs, les techniciens
Les musiciennes, jusque-là...
Y'avait pas de problème
Ce qui faisait battre mon coeur
Comme si j'courais un marathon
C'était l'gars dans la loge du fond
On a tout fait pour me calmer
Pour m'empêcher
De prendre mes jambes à mon cou et d'm'en aller
On m'a fait boire un coup
On m'a déconcentrée
Pour venir à bout
D'enfin me le faire rencontrer
J'ai entendu une voix de Québécois
Appeler "Lynda, Lynda", jusque-là
Y'avait pas d'problème
J'me suis r'tournée comme une toupie
C'est là que la voix de Québécois m'a dit :
"J'te présente Johnny" !!
Il était là, y m'regardait droit dans les yeux
J'me sentais comme Alice au pays merveilleux
C'était comme une affiche de lui grandeur nature
Sauf que l'affiche est pas restée collée au mur
Il m'a tendu la main, je l'ai serrée
Juste un peu trop longtemps
Jusque-là...pas vraiment de problème
C'est lorsqu'en partant, il a dit :
"En passant, vous êtes trés jolie"
Alors là,
C'était l'paradis !
Je suis r'tournée chez moi avec un sourire niais
Depuis, ce sourire ne me quitte plus jamais
Je suis peut-être pas exactement jolie
L'important, c'est qu'le compliment vient de Johnny.
mardi 19 août 2008
Du coq à l'âme
Et salut la marmaille
Huit heures sonnent, mon cœur s'enflamme
J'ai tout un éventail
D'émotions fortes à vous transmettre
Comme toutes sortes de lettres
Que j'écris, puis que je vous donne
Et que ma voix fredonne
Je serai logique ou je serai folle
Je serai laide ou belle
Je vais m'lancer du haut du ciel
Jusqu'au dernier sous-sol
Je serai mauvaise ou je serai bonne
Angélique ou démone
Je vais passer du rire au drame
Passer du coq à l'âme !
Salut les hommes, salut les femmes
Salut les retraités
Et si y'a des anges qui planent
Salut les regrettés
J'vous ai invités dans mon cœur
Pour qu'on s'amuse ensemble
Faisons comme si, pour quelques heures
Vous étiez dans ma chambre
On va s'retenir un petit sanglot
On va trouver ça drôle
On va s'pleurer sur les épaules
S'bécoter les bobos
On va se faire des confidences
Dédramatiser l'pire
On va s'avouer tout ce qu'on pense
Qu'on n'oserait jamais s'dire ... !
Salut les pères, salut les moines
Salut les mères et les enfants
Salut les hommes que trop souvent je blâme
Salut les femmes que je comprends
On va s'enlever notre maquillage
On va s'faire des grimaces
On va trouver l'courage de s'dire
Nos vérités en face
Est-ce que la vie que je raconte
Qui fait que l'on s'rencontre
Ou n'est-ce pas parce qu'on se ressemble
Que ce soir on se rassemble ? ...
Bienvenue messieurs, bienvenue mesdames
Mes jeunes et mes vieux
Bienvenue les coqs, bienvenue les âmes
Et tout c'qu'y a au milieu
Bienvenue dans tout ce que j'incarne
Tout ce que je refoule
Ces craintes qui me montent au crâne
Et m'attirent des foules
Bienvenue à vous que ça défoule
De voir que j'me désâme
A rester calme, à rester cool
Quand la vie tourne au drame
Merci les hommes, merci les femmes
De comprendre qu'y vaut mieux
Passer bêtement du coq à l'âme
Que rester silencieux...
mardi 25 mars 2008
Tu t'appelles Marguerite
j't'appelle encore la voisine d'en face
quand on etait petites
tu etais la plus jolie de la classe
on revenais d'l'ecole à bicyclette
on s'planquait dans l'sous-sol
pour s'faire en cachette
nos petites confidences de fillettes
tu t'appelles marguerite
j'ai nos 23 juin au fond du coeur
on vidait nos pupitres
on faussait un "adieu m'sieur l'professeur"
puis on courait se mettre en maillots d'bain
on plantais l'arrosoir au bord du jardin
pour rire sous les gouttelettes
puis enfin
{Refrain:}
On regardait de loin
le soleil se coucher
on riait un peu moins
on etait fatiguées
on disait: "regarde bien
le ciel est tout rosé
il fera beau demain
faudra en profiter"
on a la jeunesse et la chance
d'avoir une bonne amie d'enfance
l'enfance a pris la fuite
la révolte t'a frapée de plein fouet
aurais-tu eu trop vite
onze ans et plus de courbes qu'il n'en fallait
tes parents dormaient sur leurs deux oeillères
rêvant d'une honorable belle carrière
pour toi la tendre chair de leur chair
tes rêves étaient précis
t'avais ta liberté à conquérir
tu avais tant fleuri
tu sentais le bon coeur prêt à cueillir
les garçons se ruaient sur tes rondeurs
et j'en ai vu plus d'un de tirer des pleurs
mais on riait sous tes gouttelettes puis enfin
{Refrain:}
Puis un beau soir t'as fait ta valise
t'as dit: "je suis prête"
on s'est promis toutes sortes de bêtises
en riant sous des tonnes de gouttelettes
on a r'gardé de loin
le soleil se coucher
on riait un peu moins
on était fatiguées
on a dit: "regarde bien
le ciel est tout rosé
il fera beau demain
faudra en profiter"
et tu es partie dans l'silence
ma bonne et seule amie d'enfance
tu t'appelle marguerite
j't'appelle encore la voisine d'en face
t'as la chambre 108
t'es toujours la plus jolie de la place
t'as eu quelques maries et trois enfants
sui viendront p't-être a paques ou au jour de l'an
mais t'as moins de visite
depuis qu'ta memoire a foutu le camp
quand le hasard a j'té nos vieux corps
dans l'même corridor
j'ai senti monter sous mas lunettes
comme une petite marée de gouttelettes
on regardera encore
le soleil se coucher
et si jamais tu t'endors
si t'es trop fatiguée
j'te dirai: "regarde bien
le ciel est tout rosé
il fera beau demain
faudra en profiter"
mais tant qu'tu pars pas dans l'silence
j'vais t'remémorer ton enfance
tu t'appelles marguerite
j't'appelle encore la voisine d'en face
quand on était petites tu étais la plus jolie de la classe
